. Interview de Peter Mac Naughton - Président du Comité de Paris et responsable des cadets du SCUF : (réalisé le 09/03/2006).

1 - Quels sont tes fonctions au SCUF et depuis quand ?
Je suis responsable des cadets cette saison, ayant dirigé lécole de rugby pendant les cinq précédentes saisons. Pourquoi ce changement ? Parce quen parallèle, je suis Président du Comité de Paris, ce qui implique un travail énorme : piloter le comité départemental mais aussi participer en tant quélu à la vie du comité territorial (CIFR), où je suis membre de la Commission Ecoles de Rugby et de la Commission Sportive. Au SCUF les cadets demandent moins de temps que lécole de rugby, cest donc Pierre Auriacombe qui a repris lécole et qui assure un excellent travail.
Un mot sur les cadets : nous en avons 35 cette année, dont une douzaine de débutants, donc une seule équipe engagée en championnat. Un trio dentraîneurs : Ludovic Guillaume, international treiziste arrivé cette année du Stade Français, assisté par Jérôme Jouclard et Jeff Richard, que je nai pas besoin de présenter. Cest une nouvelle aventure pour nous tous, le groupe est sympathique et autonome, les résultats sont là (2ème de la poule), nous partons en tournée en Angleterre fin avril : il y a une bonne dynamique et je suis un dirigeant heureux.
2 - Présentes nous ta carrière de joueur.
Jai débarqué à Paris en 1978 à 23 ans comme lecteur danglais à Normale Sup. Javais joué en universitaire à Cambridge et en club à Kelso, dans les Borders dEcosse, ma région dorigine. A la rue dUlm jai été agréablement surpris de trouver une équipe de rugby qui tenait la route et quelques très joyeux normaliens qui sont devenus des amis à vie, dont Pascal Wagner, actuel Président du SCUF Omnisports. Pascal a décidé de tenter sa chance au SCUF, en 3ème Division à lépoque, je lai suivi
Laventure fut inoubliable, dabord sur le terrain avec quatre saisons en Fédérale 2 (1980-2 et 1984-6) sous légide dun capitaine mythique qui sappelait Jean-Yves Hamet. Ensuite hors du terrain : les nuits blanches à Paris avec Bourrel, Ripoll et Launay, les stages à La Teste et Saint Céré, les découvertes gastronomiques : dégustation de huîtres, pousse-pieds et muscadet à 6 heures du matin dans le train qui partait pour Strasbourg ou Dijon ou Besançon ... Tout ça a marqué le petit Ecossais, qui nest jamais rentré dans son pays !
Jai commencé en 7 ou 8 et terminé 1 ou 3 (parcours classique ) mais jai surtout joué en deuxième ligne. Je pense avoir été un joueur correct mais cest vrai quil marrivait de temps en temps de défendre mes camarades
3 - Un de tes plus beaux souvenirs scufistes ?
Jai passé la moitié de ma vie au SCUF, je me permets donc de vous en donner trois.
Mai 1983 : mon premier Rose Cup en Angleterre. On bat Stratford 6-3, deux essais à un, on était 14 scufistes avec des juniors et des gars de la Trois vieux, plus Tony de Stratford qui nous a piqué un maillot à la fin de match : il la nié à lépoque mais il me la avoué sur la péniche lannée dernière, 22 ans après.

Mai 1993 : mon dernier match en tant que joueur : nous battons Villiers sur Marne pour être champion dIle de France Réserves dHonneur sur le score de 6-5. Le match fut de petit niveau et houleux (dailleurs il fut arrêté avant son terme) mais javais comme coéquipier les fils de trois joueurs avec qui javais démarré au SCUF en équipe 3 treize ans avant : Bancaud, Hospital, et Roques. Le Balch était entraineur, figurait aussi Manu actuel co-entraîneur de la première, ainsi que Stéphane Durand et Fred Laplaze qui jouent toujours en équipe Trois et dont les enfants ont joué à lécole de rugby ! Le SCUF est cyclique (voir ci-dessous).
Mai 2003 : du noir et blanc au Stade de France, avec quatre minimes du SCUF, dont mon fils, au podium à la mi-temps de la finale du Top 16, ayant terminé 3ème sur les mille et quelques équipes françaises inscrites au Trophée France Télécom du Jeune Joueur.

4 - Que penses-tu du SCUF d'aujourd'hui ? Le club joue t-il a son niveau ?
On vit une très belle saison : on a des résultats à tous les niveaux et cest fabuleux de voir la première monter en Honneur. Michel Bonthoux est un ami depuis longue date, cétait notre entraîneur-joueur à la fin des années 80. Il comprend la spécificité du SCUF et cest important. Et jai un dossier épais sur sa vie privée
Mais la grande saison cest aussi léquipe 3 qualifié en quart de finale le samedi, les minimes qui battent le Stade Français et le Racing au Trophée Simmler, un groupe de 25 cadets qui sentraînent tous les vendredi soir à Carpentier sur le terrain de foot et cest deux gamins sortis de notre école sélectionnés en équipe de France : Jacques Boussuge dans léquipe à 7 et Wesley Fofana en moins de 18 ans.
5 - Comment expliques tu que la formation des jeunes scufistes n'aboutissent que très rarement à les voir intégrer l'équipe première ?
Très bonne question. Dabord le SCUF est assez cyclique : il y a une bonne génération tous les 5 ou 10 ans. La génération de notre Président a démarré en école de rugby ou en cadets, et a beaucoup donné en première. Après il me semble quil y a une génération Connolly, Derome, Chouraqui, Marol, Guénaud, tous sortis de lécole, qui sont toujours là.
Maintenant il faut esasayer de faire une bonne génération chaque année, et cest ça le challenge actuel de lécole de rugby. Vous le verrez, jespère, dans un an et demi lorsque la génération 1988 passera en sénior. Ces garçons-là sont très scuf, dans leur amour de club mais aussi dans leur culture. Et je vous garantis que les meilleurs cadets 1989 et 1990 que je dirige actuellement joueront en première dans dix ans.
Autre point plus épineux : les meilleurs qui partent au PUC et à Massy. Il est normal quils y aillent tenter leur chance ça confirme notre rôle de club formateur et je suis persuadé que les Germain Igarza et F-X Hovasse et Christopher Macnaughton termineront leur carrière au SCUF un jour et emmèneront de bons éléments avec eux.
Ce qui nest pas normal est que des copains qui nont pas le niveau partent avec eux, ne reviennent pas et sont perdus pour le rugby. Au CIFR nous travaillons actuellement sur un dispositif qui mettrait un plus dordre dans le processus de recrutement et de mutation des jeunes.
6 - Quels sont tes ambitions pour le SCUF ?
Cest simple : il faut monter en 3ème Division. Celui qui dit quon na pas les moyens et que le rugby a changé et quon est bien où on est peut aller revoir sa copie en 4ème série.
7 - Si tu veux rajouter un mot...
Le site web doit aussi provoquer, donc je vais foncer
Au niveau de lencadrement, on nest tout simplement pas bon, quelque soit la catégorie dâge. 3 ou 4 personnes (vous les connaissez car ils sont partout) se partagent un travail qui est réparti dans dautres clubs de notre niveau entre un minimum de 20 personnes. Alors quau SCUF pour râler et « tailler des costards » ce quorum de 20 personnes est vite atteint Cest très parisien et très scufiste et très frustrant
Variation sur le même thème : à lécole de rugby nous avons une quinzaine déducateurs bénévoles, tous des parents à part quatre jeunes et formidables éducateurs du Massif Central, notre club partenaire ! Le Massif : une cinquantaine de séniors dont 4 éducateurs diplômés, le SCUF : 128 séniors dont ZERO éducateurs. Je ne fais pas de commentaire, mais jespère que le tir soit rectifié dici la saison prochaine