. Interview de Christophe LAPOUGE - Joueur, dirigeant, et dietéticien du SCUF : (réalisé le 11/09/2007).
| Nom - Prénom : LAPOUGE Christophe Date de naissance : 24 décembre 1959 Taille - Poids de forme quand tu étais joueur : 1m92 - 118 kgs, et sans muscu (pfff... Chabal......) Poste joué : 4 -5 et pilier de dépannage (Général, me voilà.....) Situation maritale : Célibataire Profession : Commercial |
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1 - Ta carrière rugby et ton parcours scufiste ?
Racing Club de France et SCUF en 1985 alors en deuxième division.
Oui c'est volontairement pompeux.... mais cela m'amuse... Non, non, j'ai pas signé pour du Pognon, il n'y en a jamais eu, ni pour renforcer le Club, cela se saurait. Simplement une rencontre entre deux expatriés, moi arrivé de Picardie et Patrick Sérange l'auvergnat, qui se rencontraient un an plus tôt sur une mission au Service Informatique de la B.N.P, lui monté à Paris un an plus tôt et qui cherchait un Club après RIOM, et moi qui désirait enfin goûter à ce sport interdit par le giron familial, et juste pratiqué à Amiens en ASSU.
Il faut te dire qu'au Racing, un gouffre séparait le Groupe 1 et la Nationale B de la " Cazeaux " , repère de joueurs à géométrie variable et atypiques, ayant pratiqué en équipe 1 pour certains (1) ou jamais de leur vie mais avec de fortes qualités (2), mais tous réunis par un Dirigeant et un état d'esprit sportif et festif remarquable (3); Un seul inconvénient, tu faisais opposition à l'équipe B du Racing à l'entraînement, et nous devions être cinq à l'entraînement... Sérange se souvient certainement de la charge dun pilier Sud-Af, Malcom Roux, je le vois arc-bouté avec le ralenti de la Vuelta quil a effectué comme un toro de Miura dans les arènes de Dax.
Lannée suivante, mutation, j'ai donc intégré un club d'hommes : le SCUF.
L'accueil fut terrible : le tandem Martin Neuville-La Gauffre au mois d'août sur le stabilisé de Sufren, la bouffe au Sufren, et une virée au Harry's Bar;
Après une préparation physique d'été exemplaire, si si (minima de douze bornes de footing en moins de 50 minutes), mais hélas pas préparé au jeu à ce niveau, je m'enrichissais au premier entraînement d'une achromio-claviculaire qui a d'entrée freiné ma carrière de sportif de haut niveau (4).
J'ai donc joué dans toutes les réserves du SCUF quelquesoit la division ou il était engagé (2ème div, 3ème div, puis honneur), mais aussi en équipe trois ou sévissait un dirigeant d'esprit monastique intransigeant sur l'éthique, véhiculant un état d'esprit extraordinaire, capable de sublimer le plus inexpérimenté des joueurs pour lui transmettre un fighting spirit masquant définitivement ses négligeables autres nombreuses lacunes. Il est à noter qu'au Club, les meilleurs plaqueurs étaient en équipe trois (mais les plus mauvais aussi....)! Nest-ce pas, captain ?
Notes Le Fin du Fin: chaque jeudi, tu recevais ton carton à l'entête du RCF par courrier dans ta boite aux lettres. Aucun coup de téléphone de dirigeants ; Imagine cela au SCUF....pourquoi n'est ton pas sponsorisés chaque année par France Télécom ?
2 - As tu pris directement la tunique de dirigeant à l'issue de ta carrière de sportif ?
Quand ai-je arrêté de jouer? Je ne sais pas....demandez à Thierry Potier ou à Laurent Laguerre, vous le saurez au bout de 3 heures de discussion minimum, tellement ils aiment "charger ma mule" (1996); La dernière année "Pouliquen entraîneur" peut-être, quelques mi-temps de dépannage avec Poupou en réserve, ou je débutais en parallèle comme dirigeant Senior.
Lannée précédente, javais accompagné Denis Roche en Junior avec Thierry Potier et Jeff Richard. Un but : résoudre ce grave problème de diététique, trop souvent négligé. Mais je me suis plus particulièrement engagé avec Le Président Michel Hospital, pour des raisons essentiellement euhh... ....d'affinage.....heuh .....d'affinités, oui c'est cela. Et puis j'avais mes lettres de noblesse de gros ronfleur, comme Daniel Sampermans ou Jacques Schwartz, car il ne faut pas que des qualités rugbystiques au SCUF, c'est aussi pour cela que le scufiste est fêtard, il ne peut pas dormir en fait.
Dès la première année au SCUF je savais que je donnerai un coup de main, par un moyen ou par un autre.
Je n'oublie pas d'ailleurs l'ensemble des membres de l'époque. Dirigeant Senior, j'ai aussi participé avec d'autres à ramener des sponsors, des joueurs, pérenniser les relations avec les aires de jeu confiées par la Mairie de Paris, puis organiser des repas ou journées fêtes pour rassembler l'ensemble des générations lors de matchs de championnat : participer à ce que remonter en division nationale puisse redevenir une conséquence logique et non risquée. Malheureusement cette envie n'était pas partagée par beaucoup de joueurs...
3 - Alors que tu as quitté le
club depuis près de 5 ans ton nom résonne toujours dans les
discussions scufistes. T'es sur que tu n'étais que diététicien
?
Comme l'avait dit notre regretté Jean-Claude Jaffré dit " La gauffre", j'étais un dirigeant à l'ancienne, proche des joueurs, présent tous les mardi, jeudi, jours de match et troisièmes mi-temps incluses : tous scufistes, et chacun apporte sa pierre à l'édifice ....
4 - Aujourd'hui as tu encore un petit regard sur les résultats du SCUF ?
Toujours. Le travail effectué par le Président Busson et son équipe est énorme, avec une structure trop légère pour ne pas s'user dans le temps. J'ai accompagné une génération depuis leurs années Balandrade avec d'autres, ils sont aujourd'hui en fin de carrière. Ce sont désormais à eux de réfléchir comment ils peuvent aider l'équipe en place. C'est d'ailleurs en le faisant entre eux par affinité que l'envie démarre. Que retient chaque dirigeant du SCUF: le plaisir d'avoir vu grandir une génération de joueurs, en prônant une forme d'éducation à "l'anglo-saxonne" : l'équilibre entre le corps et l'esprit;
5 - Et le rugby en général tu le suis comment ?
Désormais je regarde le rugby avec circonspection comme les autres sports pro: futur jeux du cirque ? Quand retirera t-on le bouclier de Brennus suite à un contrôle anti-dopage? Si j'ai bien lu dans le Midol on contrôle au niveau amateur, des joueurs ont été suspendus pour consommation de hashish?! Il me semblait que cela attirait plus vers la somnolence que vers les sommets de la performance... Nos dirigeants fédéraux sont-ils atteints de saturnisme ou par Alzheimer ? Qu'est-ce qu'on aurait "mangé" à l'époque quand après une nuit blanche on prenait un gurronzan...
Le problème du dopage ne concerne que le monde professionnel: suivons donc en priorité les futurs pro potentiels, les équipes "élites" de jeune. Cela doit être pris à la racine. Mettons nos chances au maximum du côté éducatif. On les a tous vus il y a quelques petites années ces internationaux prenant 10 kilos de muscle en trois mois.....miraculeux, non ?
Mais depuis 10 ans d'autres problématiques pouvant améliorer cette problématique sont toujours existantes : La réforme des calendriers inter et nationaux, le nombre de joueurs étrangers dans notre championnat et l'apparition de carences à certains postes, interprétation des règles et arbitrage cohérent au niveau mondial;
Mais ne nous leurrons pas : les impératifs économico sportifs et la mondialisation sportive entraînent la perversion du système avec ses conséquences: Que décideront-ils en octobre si deux joueurs finalistes de la coupe du Monde de chaque équipe étaient positifs : annoncer ou se taire ?
6 - As tu quelques gros souvenirs scufistes à nous faire partager ?
Certains ne souhaitent pas "monter" en Nationale, car les déplacements sont parfois longs. Ces voyages font partie de la culture de quelques anciens, car tous se souviennent de voyages ou les mecs de ma génération, Xavier Hutet, Thierry Potier, Laurent Laguerre arrivaient les bras chargés de sacs odorants : notre tradition, dès qu'on le pouvait, c'était huîtres, muscadet, Foies gras, vendange tardive d'Alsace, bien sûr vin jaune avec les petits fours, mais lorsque l'on jouait on la faisait modeste : les meilleurs crus de charcuterie italienne, des fromages de qualité, sans compter blancs et rouges " sans vulgarité " comme on disait. (5)
Et puis, si possible, " vider " le wagon bar de toutes les boissons alcoolisées. Je me souviens des après-SNCF : arrivée sur Paris, et direction la loco ou la rue de la soif, ou la dernière idée originale disponible. Ces voyages-là créent des liens indéfectibles.
Le dernier grand voyage reste peut-être " la montée " en 3ème division contre Saint-Dié. Le match retour avait été particulièrement bien préparé. Je me rappelle encore notre " La Gauffre " lâchant une " gerbe " cinq minutes après le départ ....que du bonheur....les huîtres et le reste lui ont ensuite stabilisé l'estomac.....
Et puis, cette tournée à La Rochelle, avec l'UFAR, une équipe mixte SCUF-Tyrosse, et le souvenir d'un fromage ramené par Hutet (les quantités étaient telles qu'on en avait encore trois jours après) : bilan de l'opération, appel des services municipaux de dératisation...dépôt de bilan de l'hôtel firstClass ou nous logions.
Lanecdote la plus drôle : avoir fait croire à Martial Lamy que jétais médecin diététicien (cela a tenu six mois) .
Bref, que du classique .....
5 - A ce moment tu découvres les brunch de pré-match avec Martin Neuville (12 huîtres et 1 poisson au four de1 kg5 puis fromage pour deux, et 1 litre de blanc par tête s'il était sorti la veille, car "il faut équilibrer", ou charcuteries diverses et viande rouge-gratin, et 1 litre de rouge par tête s'il était rentré tôt ou qu'il avait honoré quelques créatures, "car il faut bien équilibrer"); Cela c'est à domicile;
Car en déplacement, être blessé présente également des avantages : les huîtres du Havre et le repas dirigeant, hélas sans crudité, sans steack grillé et pâtes, car réservés aux joueurs, et surtout sans être pressé quant tu joues en Réserve; Honneur à l'organisateur des déplacements de l'époque, l'homme du Pougeol-sur-Orb, Jacques Costes et Mado sa femme, présents dans la mémoire dune génération de la première, invités à y dîner pantagruellement les veilles de match.
En semaine, plus traditionnel, les soirées sans limite, les débats délires du jeudi soir à Pouchet pendant que les joueurs galopent, le Brennus ou le Sufren, puis la soirée sans fin des anciens option équipe "trois vieux", les tournées dIrish Coffee, plus tard la pérestroïka, le SCUF Dream .. que des seigneurs
7 - Rencontres tu encore des joueurs, as tu gardé des contacts ?
Ma génération et celle d'avant, puis quelques passages pour les matchs du dimanche.
8 - Quel est le principal conseil de grognard que tu pourrais donner aux jeunes qui débarquent au SCUF ?
" Ne jamais boire l'avant-veille, mais la veille du match : tu le supporteras mieux sur le terrain "
Celle-ci très belle, est de Bruno Martini : " Laisse un seul souvenir au Club, et ta légende, comme la sienne, continuera de s'écrire ".
9 - Si t'as qqchose à rajouter ?
Vous avez la volonté de retourner en Nationale ou pas?