- Sur le Boulevard du SCUF -

 

Felix EBOUE
(1884 - 1944)

 

 

 

Félix EBOUE est né le 26 décembre 1884 à Cayenne (Guyane française). Descendant d'une famille d'esclaves de Roura, affranchis en 1848, Félix Eboué a eu toute sa vie pour objectif la défense des droits de l'homme. Fils d'un chercheur d'or, il grandi à Cayenne puis bénéficie d'une bourse pour mener à Paris, ses études de droit ainsi que le cursus de l'école coloniale. Après de brillantes études à Cayenne, il obtient en 1898 une bourse d'étude pour la France et part à Bordeaux au Lycée Montaigne. A Bordeaux, en complément de ses études, Félix Eboué s'adonne au sport et particulièrement au football et devient capitaine des "Muguets" du lycée. Avec cette équipe il se déplace à Strasbourg, en Belgique et en Angleterre. Ces déplacements lui permettent d'étudier sur le vif le tempérament des joueurs et des habitants de la région. Les comptes rendus des journaux régionaux (Le Phare de Nantes, Le Populaire) enregistraient les succès de l'équipe bordelaise et rendaient avec détails, l'entrain et l'adresse d'un joueur noir de cette équipe auquel était due en grande partie la victoire. Il obtient à Bordeaux son baccalauréat es-lettres puis monte à Paris où il mène de front des études de droit et celles de l'École coloniale (d'où sort l'élite des administrateurs de la France d'Outre-Mer) et obtient en 1908 sa licence à la faculté de droit. On le retrouve alors sous les couleurs du Sporting Club Universitaire de France, ou il connaît les joies du stade de 1907 à 1909.

Elève-administrateur des colonies, puis administrateur-adjoint en 1910, Félix Eboué est affecté en Afrique Équatoriale Française (AEF). Il est nommé à Madagascar puis en Oubangui. Pour mieux asseoir son administration, il s'efforce d'apprendre les us et coutumes de ses administrés et bientôt, l'origine des manifestations auxquels se livrent périodiquement les natifs du pays (fêtes, cérémonies religieuses, danses, jeux) n'aura plus de secret pour lui. Il va même jusqu'à écrire et faire publier en 1918 une étude sur les langues Sango, Banda et Mandjia. Sa politique administrative basé sur l'épanouissement des valeurs humaines et sociales dans un cadre de concertation et de respect des traditions africaines est très appréciée et il est nommé en 1927 Chevalier de la Légion d'Honneur sur la proposition du Ministre de l'Instruction Publique.

Après un passage au Soudan français, il est élevé au rang de gouverneur et nommé en Guadeloupe en 1936. C'est le premier noir à accéder à un grade aussi élevé. En Guadeloupe, il met en pratique son esprit de conciliation dans un contexte social troublé. À l'occasion de la remise solennelle des prix le 1er juillet 1937 au lycée Carnot de Pointe-à-Pitre, il adresse à la jeunesse d'Outre-Mer son célèbre discours "Jouer le jeu" , dans lequel transparaît à la fois son idéal, et son pragmatisme d’homme d’action, préoccupé de résultats concrets, dont voici quelques extraits :

« Jouer le jeu, c'est être désintéressé
Jouer le jeu, c'est piétiner les préjugés, tous les préjugés et apprendre à baser l'échelle des valeurs sur les critères de l'esprit.
Jouer le jeu, c'est mépriser les intrigues et les cabales, ne jamais abdiquer, malgré les clameurs ou menaces, c'est poursuivre la route droite qu'on s'est tracée.
Jouer le jeu, c'est savoir tirer son chapeau devant les authentiques valeurs qui s'imposent et faire un pied-de-nez aux pédants et aux attardés.
Jouer le jeu, c'est aimer les hommes, tous les hommes et se dire qu'ils sont tous bâtis sur une commune mesure humaine qui est faite de qualités et de défauts.
Jouer le jeu, c'est mériter notre libération et signifier la sainteté, la pureté de notre esprit... »

En 1938, il est nommé Gouverneur du Tchad. Sa mission est d’assurer la protection de la voie stratégique vers le Congo.
1939, la France est en guerre. Après l’effondrement de juin 1940, Félix Eboué va marquer l’histoire de la seconde guerre mondiale en proclamant le ralliement officiel du Tchad à la France Libre. Il organise une armée de 40 000 hommes, et impulse en Afrique une participation active à l’effort de guerre.
Le 12 novembre, le Général De Gaulle le nomme Gouverneur général de l’Afrique Equatoriale Française, et lui remet en janvier 1941, la Croix de la Libération.

La conférence de Brazzaville de 1944 qui réunit les dirigeants administratifs des territoires africains, retient la thèse assimilationniste de Félix Eboué, mais ce dernier ne verra pas la réalisation de sa nouvelle politique coloniale.Il prend une part active à la préparation de la conférence de Brazzaville (janvier-février 1944), mais meurt peu après au Caire (Egypte) d’une congestion pulmonaire le 17 mai 1944.

En 1948, le premier résistant de la France d’Outre-mer entre au Panthéon.

La mémoire de Félix Eboué est aujourd'hui rappelée à travers plusieurs monuments et plaques commémoratifs. A Paris, son nom, joint à celui de Daumesnil, se retrouve dans une station du métropolitain.

(FL) - Voir livre 1895.SCUF.2005 L'Autre Rugby - Jean Hospital - Société des Ecrivains.